Rencontres

Écrit par Emmanuel - - 3 commentaires
Depuis notre départ, nous avons rencontré de nombreuses personnes, sympathiques, plus ou moins sereines ou tout simplement gaies. Il y en a tellement qu'il ne suffirait pas d'un blog pour toutes les citer. Nous ne parlerons pas de ceux qui étaient austères, hargneux ou antipathiques (il y en a eu peu et nous les avons sciemment oubliés). Nous nous souvenons d'une infirmière bretonne qui trouvant notre périple intéressant, avait songé à nous laisser une petite bouteille de désinfectant afin qu'elle voit du pays ; d'un album photo bien garni, explicité en espagnol par une habitante du village que nous visitions. Nous n'avions pas tout compris mais le cœur y était. Nous n'oublierons pas non plus tous ceux qui nous ont fait rêver avant même qu'on soit parti ou lorsque nous étions encore sur le continent, nous racontant le « tour » qu'ils avaient fait jadis. « C'est possible » voilà le message que je retenais et qui me gonflait à bloc. C'est dans cet état d'esprit que nous avançons d'île en île, de port en mouillage, apprenant de tous et sur tout : la pêche, l'accastillage, la navigation, comment faire un barbecue, les réparations diverses et variées, le mouillage...en français, en anglais, en espagnol, en portugais. Toutes ces langues dont nous a parlé un jour un canarien fier d'en connaître plusieurs. Il disait qu'il faut pratiquer pour ne pas oublier alors il pratiquait sur la place de la ville avec deux novices que nous sommes, notant au passage quelques expressions françaises sur son petit carnet. Et comme le monde lui aussi est petit, c'est au Portugal que nous avons connu des voisins normands, Sabine, Florent et Clémence (nous n'avons toujours pas réussi à les rattraper depuis;-)). Là même où plus au large se déroulait une belle aventure humaine pour un navigateur « en détresse ». Reinhard ne voulait pas abandonner son petit voilier en panne de barre, refusant ainsi l'aide des sauveteurs en mer (la sauvegarde des vies humaines est gratuite contrairement à celle des bateaux). Un cargo, ayant suivi toute cette histoire à la VHF, a proposé de gruter son petit voilier à bord. C'est ainsi que le capitaine et son chien se sont vus invités en cabine privée alors que le voilier trouvait sa place élégamment calé sur des palettes entre les voitures et camions transportés. L'équipage du cargo a profité des trois jours de navigation jusqu'aux Canaries pour réparer le safran endommagé. C'est aussi autour d'un safran que nous nous lions d'amitié avec un équipage qui démonte le sien, Julien et Lisenn, bateau à flot (c'est osé) faute de grue à La Goméra. Les coups de marteau, cela crée des liens. Nous pensons alors à nos amis bretons Cécile, Didier, Mathis et Léo, qui ont réparé le leur à Porto Santo, les enfants et les grands profitant de cette escale pour faire plus amples connaissances. C'est aussi là-bas que nous avons connu Yrvind, 72 ans, seul à bord de son voilier de 4 m, se nourrissant exclusivement de sardines et muesli à l'eau ou au lait selon qu'il se trouve en mer ou à terre. Est ce qu'il s'ennuie en mer ? Pas plus que les oiseaux d'après lui. Il est en ce moment quelque part entre Madère et la Martinique, filant à 1,7 nœuds de moyenne... Nous nous souviendrons longtemps d'une partie de pêche avec Mel and Nick sur leur voilier de 28 pieds et du fameux barbecue qui a suivi. Le voyage n'est pas fini, les rencontres non plus... chouette !

Canaries vers le Cap Vert

Écrit par Emmanuel - - 1 commentaire
Nous partons le Lundi matin de La Goméra. Merci à Mel, Nick et Henri pour nous avoir aidés à sortir de notre trou de souris. La météo prévue est prometteuse : un peu de vent et peu de houle. Nous devrons faire une quinzaine d'heures de moteur pour nous sortir de la pétole. Petit à petit un vent de NE s'installe, la houle s'allonge et la vie à bord s'organise. Petit déj, visites à l'avant pour admirer les dauphins, longues réunions pour choisir les leurres de pêches, école, siestes, jeux de société, repas, lecture et regarder la mer. La nuit, les quarts s'enchainent, chaque nuit apportant son expérience permettant d'ajouter du confort à la nuit suivante. Une des 'surprises' vient du nombre de cargos se croisant le long de la côte africaine. l'AIS (système qui affiche chaque bateau équipé ainsi que sa route, son cap, son nom et une foule d'autres informations*) nous permet d'y voir clair. Cela met fin au mythe de la navigation seul au milieu de la mer, du moins dans ce coin ! Celle ci est pleine de pétroliers, cargos, navires de pêche et ... voiliers. Heureusement, dès que l'on s'éloigne des côtes africaines, c'est de nouveau moins encombré. J'aime autant car la nuit, moins nous voyons de lumière autour de nous, plus les quarts sont paisibles.
Le passage sous le tropique du cancer se fait en douceur, l'eau est de plus en plus chaude, le vent aussi. Des myriades de poissons volants s'envolent parfois d'un seul coup. Deux dorades coryphènes nous narguent sous le bateau (l'eau est suffisamment calme pour que nous les observions de longues minutes). Les dauphins viennent (presque) régulièrement nous rendre visite. Nous verrons une fois de plus des globicéphales indolents. Le dernier jour, un paille-en-queue fait même un passage au dessus du bateau : signe incontestable que nous allons arriver sur la première ile tropicale de notre périple.
La météo nous permet de vivre cette navigation très confortablement les 6 premiers jours. Seul le dernier jour est sur un mode un peu plus sportif : La houle de NW est là, le vent de NE à 15 ou 20 kts lève une mer de NE. Résultat les vagues ne sont pas bien rangées du tout. Il faut que l'on avance si nous ne voulons pas arriver de nuit sur Sal (à priori, pas de balisage nocturne). Opération réussie : nous mouillons l'ancre quelques minutes avant la tombée de la nuit. Cerise sur le gâteau, les copains déjà présents viennent nous accueillir et nous emmènent à terre en annexe. On peut donc aller se dégourdir les jambes (et boire un coup) à peine arrivés. Le luxe.

* le système calcule même en temps réel la distance minimum à laquelle le bateau en question va vous passer sous le nez et l'heure de ce passage.

Cabo verde

Écrit par Emmanuel - - 3 commentaires
Nous sommes bien arrivés au Cap Vert.... Navigation super agréable et ile de Sal pour le moins dépaysante. On se repose et on s'occupe des photos ;-)

Le doux bruit des moulinets

Écrit par Emmanuel - - 4 commentaires
C'est l'effervescence à bord de 3Gouttes. Ce soir nous mangerons du
poisson! Emmanuel et Léo ont remonté respectivement une petite dorade et un
thon Germon. Nous sommes tous les trois très satisfaits!
C'est étonnant qu'après six jours sans rien ou presque (quelques touches
infructueuses), les deux poissons soient pêchés en même temps. Chacun sa
ligne.

Quelle journee

Écrit par Emmanuel - - 3 commentaires
Dauphins au petit-déjeuner,
confiture du coup renversée,
cockpit à nettoyer,
on en profite pour se doucher.
Dauphins au goûter,
qui viennent jouer,
résultat notre thé est gelé.
Point de poisson pêché,
mais une ligne cassée
par un poisson affamé.
Quelle journée !


Aujourd'hui, ce sont des Daurades Coryphènes qui nous narguent juste sous
le bateau. Nous avons beau changer nos leurres, essayer moult montages,
elles ne se laissent pas prendre. Même si l'une d'elles vient vérifier nos
montages du bout du nez. Elles sont belles, très colorées mais nous ne
saurons pas quel goût elles ont. Pour se consoler, c'est pâtes carbonara à
midi et atelier pain l'après-midi. A part cela, le vent a faibli, la mer
est calme (on se croirait au mouillage). D'autres dauphins (plus grands et
plus sombres) sont venus quelques minutes à l'avant du bateau.
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